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L'instant magique - Page 4

  • En Islande

    Vous savez quoi ? J'ai pris un sacré coup de vieux. Habituellement, les gens s'en rendent compte en remarquant leurs premiers cheveux blancs dans leur tignasse. Moi, c'est en voyageant que j'en ai pris conscience. Il y a trois semaines, j'ai en effet participé avec ma dulcinée à un voyage de groupe à Reykjavik. Evidemment, ce voyage n'a pas manqué de faire rire notre famille. Il faut dire que depuis des années, nous prônons les avantages du voyage d'aventure, où l'on se contente de prendre son billet d'avion et où l'on improvise sur place. Bref, le voyage de groupe est à l'opposé de nos habitudes et de nos discours ! Evidemment, qui dit aventure dit galères, et nous en avons vécu pas mal au fil des années : je me souviens notamment de ces deux longues journées (et de cette encore plus longue nuit) où nous nous sommes retrouvés en panne d'essence sur une route déserte où ne passait jamais personne. Mais bon, cela fait partie de l'aventure, après tout. Et en fait, nous n'avons jamais envisagé de voyager autrement. Ma femme et moi avons toujours refusé d'être rassemblés en troupeau ; et la seule idée de respecter un programme imposé nous a toujours horrifié. Et elle nous horrifie toujours, d'ailleurs. Mais il y a deux mois, en creusant sur internet pour trouver quel coin nous allions pouvoir découvrir, nous avons trouvé par hasard une agence offrant des voyages de groupe nouvelle génération : ceux-là sont conçus de telle façon qu'en dehors de quelques déplacements d'un point A à un point B, chaque participant peut organiser son temps libre et son propre programme. La recette nous a semblé pas mal, et après un long débat, nous avons tenté le coup. Et vous savez quoi ? Nous n'avons pas été déçus. Avec un tel voyage, on peut bénéficier de tous les bienfaits du voyage de groupe sans devoir endosser les contraintes. Et c'est très appréciable ! Peut-être même que pour notre prochain voyage, nous partirons de la même manière. Je vous mets le lien vers l'agence où nous avons déniché ce voyage en Islande, si vous voulez voir à quoi cela ressemble.

  • Nous sommes tous extra-terrestres

    Les chercheurs russes ont découvert dans les débris d'une météorite des microorganismes dont l'âge correspond approximativement à celui de notre planète. Ce qui constitue une nouvelle confirmation de l'hypothèse selon laquelle la vie est arrivée sur Terre depuis l'espace. La vie n'est pas née sur Terre, plus exactement, pas seulement sur Terre. Telle est la conclusion sensationnelle des chercheurs russes qui ont étudié des météorites et y ont découvert des microorganismes datant de plus de 4 milliards d'années. A cette époque, notre planète était encore en formation, de même que le Système solaire tout entier. C'est pourquoi la "mère patrie" des météorites est à chercher en dehors de celui-ci. Selon l'académicien Alexeï Rozanov, il pourrait s'agir non pas de planètes mais de certains corps célestes couverts de flaques, de lacs, de rivières ou de petites mers où habitaient ces microorganismes. A l'aide d'un microscope électronique, les scientifiques ont découvert des protozoaires à l'intérieur du météorite qui, comme on le suppose, se serait détaché de Mars. Les bactéries peuvent se déplacer dans l'espace à l'intérieur des comètes, congelées dans la glace. Cette hypothèse des chercheurs est confirmée par des expériences réalisées en Antarctique, dans le pergélisol et dans l'espace. Des microorganismes ont été également découverts dans la poussière interstellaire qui s'est a amassée sur la partie extérieure de l'ISS. Auparavant, la science estimait que la radiation de l'espace tuait toute forme de vie. Dans le laboratoire, les échantillons pris dans le vide ont été comparés à ceux de la Terre. Il s'est avéré que des bactéries extrêmes existent en orbite. En outre, elles vivent sur Terre dans les sources d'eau chaude et dans la lave volcanique. Selon l'hypothèse des chercheurs russes, notre planète a été "ensemencée" par des microorganismes protozoaires lors d'un bombardement de comètes, au tout début de son évolution. D'après eux, la terre ferme, contrairement à ce que nous disent les manuels, a été colonisée par les microorganismes immédiatement après sa création. Les astrophysiciens européens viennent eux aussi de découvrir des molécules particulières faisant partie de l'ADN dans un nuage gazier situé au centre de notre galaxie, à 26.000 années-lumière de la Terre. Cela veut dire que la vie terrestre pourrait ne pas être la seule dans l'univers. Les scientifiques n'excluent pas qu'une autre civilisation puisse se développer dans l'espace parallèlement à la nôtre.

  • Je n'aime pas l'art contemporain

    “S'agissant de peintures, qui pourraient être réalisées [...] par un animal auquel on aurait mis de la peinture sur les pattes et la queue.” Vous vous souvenez de cette truculente déclaration du frontiste Jean-Claude Philipot ? Selon ce chargé du projet de la liste Reims Bleu Marine pour les municipales 2014, le FRAC de Champagne Ardenne serait “Un Écrin pour de la merde”. On le sait, en dehors de la préservation du patrimoine, le programme culturel de l’extrême droite n’est pas très épais. Le hic ? Ils ne seraient pas les seuls à haïr l’Art contemporain. Fumisterie, dialogue impossible, “ma fille te le fait en cinq minutes”... Il semblerait que la fracture sillonne une part de plus en plus large de la population. Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce qui a rendu la création contemporain si haïssable ? Milles bonnes raisons en vérité. En voici quelque unes, égrenées avec amour et haine. 2014, extrait du texte de Jean-Claude Philipot quant à la FRAC de la région Champagne-Ardennes qui a pourtant d'autres problèmes à régler. Au lieu de la combattre. Pour Nathalie Heinich directrice de recherche au CNRS et spécialiste de l'art contemporain formée par Pierre Bourdieu : “la spécificité de l’art contemporain se joue à bien d’autres niveaux que celui de la nature des œuvres elles-mêmes. Cette spécificité fait appel à la notion de paradigme, un ensemble de conceptions admises à un moment donné du temps, à propos d’un domaine de l’activité humaine, un socle cognitif partagé par tous.” Mais quel paradigme pour un mec comme Murakami ? Quid de celui de Jeff Koons ? Un monde de baise avec la Cicciolina dans des ballons gonflables ? Les œuvres, leurs auteurs, les institutions, Kanye West : il semblerait que le contemporain ait aménagé les esprits en une vaste galerie marchande, alors qu’il était hier associé à toute les formes de soutien aux dominés. Désormais, cette rupture indigne. Manifestante en marge de l'exposition de Takashi Murakami à Versailles en 2010. Soutenir la création artistique est un préoccupation bourgeoise. Et ce qui caractérise le plus la bourgeoisie, ce n’est pas l’argent, mais le cynisme. Or il n’y a pas plus cynique que le contemporain. Ici, le cercle des valeurs vicieuses tourne à une vitesse interdite. Au pli de la création contemporaine et d’un public rentier se cache une force terrible, capable de tout emporter : bonnes idées, mauvaises intentions, poussées subversives. Un vortex capable de nier le beau, l’engagement politique, les expériences nouvelles comme la tradition ou les ruptures. Une liquidation totale, un bon gros retour à l’état fécal. Les milles glacis d’une peinture à l’huile ? Le travail de gravure d’une eau-forte ? L’application de patine sur un bronze ? Le contemporain se fout des techniques utilisées. Donc du travail. Comme la souffrance de ceux qui s’en sont délivrés. Prolos, classe moyenne exploitée ou étudiants au ventre vide : pas simple donc de s’extasier face à l’insolence d’œuvres pondues par une armée d’assistants créatifs dans des loft new-yorkais sur la base de briefs ensommeillés du genre : “les enfants, cette nuit j’ai rêvé d’un caniche en ballon gonflable violet métallisé. Au boulot”. Et comme Dieu, l’Art contemporain se fiche de votre existence. Il n’a ni envie, ni besoin de vous. Collectionneurs, cotations, Art fair, marchands, curators, galeries, outils de médiation propre à sa propre valorisation… Comme Eywa dans Avatar, l’Art contemporain nourrit un éco-système autonome, capable de s’épanouir sans le grand public. Avec les récentes arrivées des mannes spéculatives hongkongaises, russes, qataries ou brésiliennes, il est désormais capable de s'autoengendrer, au sein d’un monde constitué et recomposé pour lui seul. Pas pour vous. Forcément, ça énerve. En rompant avec le sens commun des courant classiques ou modernes, l’Art contemporain s’est donc replié sur un milieu social aisé, spécialisé. Ce monde clôt n’a pas besoin de vous. Mieux : il ne vous désire pas. Dès les prémices du mouvement, les oeuvres contemporaines se sont fardées d’un discours. Une légende élaborée, parfois opaque, voire complètement ésotérique. Ce propos est au service du message vous dira t-on. C’est souvent le cas. Mais ce récit copieux assure une deuxième fonction : il fait la sécu à l’entrée du club. Rempart linguistique, il protège le milieu de la masse du public non-initié, peu ou pas assez informé pour résister à cette art du commentaire et de l’interprétation. À début de l’Art contemporain était un soulèvement. Un retournement face au diktat du beau, une rupture avec des académismes harmonieux. Aujourd’hui, la révolution a digéré ses enfants terribles. Parmi près de 50 000 artistes dénombrés aux enchères, seulement dix d’entre eux se partagent plus du tiers des recettes globales. Cette prise d’otage sens la fin de règne. D’Ispahan à Mexico ou Portland, les cahiers de doléances d’un art vivant, laborantin, d’un art du contemporain s’épaississent face à la révolution conservatrice de Peter Doig, Richard Prince, Zeng Fanzhi, Christopher Wool et François Pinault.