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L'instant magique - Page 3

  • Le Royaume-Uni aura-t-il sa place dans le programme Erasmus après le Brexit ?

    Parmi tout ce qui est né de l’Union européenne, le programme d’échange universitaire Erasmus fait l’unanimité. Mais le vote des Britanniques en faveur du Brexit risque de remettre en question la participation du Royaume-Uni. Les Britanniques ont gâché la fête. Alors que le programme d’échange universitaire Erasmus célèbre cette année ses 30 ans, l’événement est terni par l’incertitude qui pèse sur le futur du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne. Le choix qu’ont fait les Britanniques, le 23 juin 2016, de quitter l’UE pourrait aussi les exclure du programme Erasmus, même si rien n’a encore été décidé. Baptisé du nom d’Erasme, célèbre philosophe néerlandais de la Renaissance, Erasmus a été lancé en 1987 par onze pays membres de l’UE, dont le Royaume-Uni. Depuis, le programme a permis à plus de 4 millions d’étudiants d’étudier dans un autre pays européen que le leur en leur accordant des bourses et leur évitant de payer les frais de scolarité. Devenu Erasmus+ en 2014, il a été étendu aux apprentis et aux bénévoles, mais aussi aux salariés et à leur enfants ainsi qu’aux demandeurs d’emploi. Le nombre de pays membres d’Erasmus a triplé depuis sa création. Aujourd’hui, le programme compte 33 membres, dont des pays non-membres de l’UE, comme la Norvège et l’Islande, et comprend 160 autres pays partenaires. Popularisé en France notamment grâce au film de Cédric Klapisch "L’Auberge espagnole", sorti en 2002, le programme Erasmus survivra bien entendu au Brexit. Mais les étudiants britanniques, eux, risquent de perdre au change. Une ironie cruelle vu que la grande majorité des jeunes Britanniques a voté pour le maintien du pays dans l’UE. Et ils ne seront pas les seuls à être pénalisés : le Royaume-Uni est l’un des pays clé d’Erasmus. En 2015, c’était la troisième destination la plus demandée par les participants, et la destination privilégiée des étudiants français, sans aucun doute désireux de pratiquer leur anglais. Tant que le Royaume-Uni reste membre de l’UE, le statu quo prévaut. Au cours des années scolaires 2017-2018 et 2018-2019, les échanges Erasmus ne seront donc pas affectés. Pour Marianne de Brunhoff, chargée des relations européennes et internationales et de la coopération au sein du ministère français de l’Éducation, l’idée d’une sortie du Royaume-Uni d’Erasmus ne doit néanmoins pas être exclue. Mais elle assure à France 24 que les étudiants français auront toujours la possibilité de se tourner vers "d’autres pays anglophones ou bien dispensant de nombreux cours en anglais, comme les pays nordiques ou les Pays-Bas". Selon elle, il est encore trop tôt pour constater des changements dans les choix de destinations des étudiants qui seraient liés au Brexit. Mais, le Royaume-Uni pourrait-il aussi choisir de rester dans le programme Erasmus ? Après tout, plusieurs pays non-membres de l’UE y participent pleinement. Pour cela, ils doivent prendre part au financement du programme et accepter le principe fondateur de l’UE de la libre circulation des personnes. Mais au vu du scénario de "hard Brexit" annoncé par la Première ministre Theresa May et du renforcement des contrôles de l’immigration qu’elle a promis d’appliquer, un tel scénario semble bien peu probable. Interrogée par France 24, Ruth Sinclair-Jones, directrice de l’agence britannique d’Erasmus+, assure que "la priorité numéro un devrait être de s’assurer que le Royaume-Uni puisse rester un membre à part entière d’Erasmus+ parce que cela bénéficie à tout le monde, pas seulement au Royaume-Uni". Dans le cas où cette option ne serait retenue, Ruth Sinclair-Jones réclame la mise en place d’un système alternatif, "pour que les prochaines générations de jeunes Britanniques ne soient pas privés des bénéfices de la rencontre avec d’autres étudiants européens". La Suisse, qui n’a pourtant jamais fait partie de l’UE, a été membre d’Erasmus. Mais en 2014, le résultat d’un référendum sur le renforcement des contrôles d’immigration a forcé le pays à quitter le programme. La législation suisse ne garantissait plus la libre circulation des personnes. Pour pallier ce manque, Berne a lancé le Swiss-European Mobility Programme (SEMP). Mais, sans financement de Bruxelles, la Suisse doit elle-même financer ce programme à hauteur de 22,9 millions d’euros. Deux options s’offre donc désormais à Londres. Soit rester dans le programme Erasmus et en accepter les contraintes ainsi que le coût financier. Soit en sortir, et financer entièrement une solution alternative. La directrice de l’agence britannique d’Erasmus+ assure à France 24 qu’Erasmus bénéficie outre-Manche d’une grande sympathie. "Ce qui est encourageant, c’est que les autres pays membres sont également très désireux de voir le Royaume-Uni rester dans le programme Erasmus", précise-t-elle. Il existerait donc une volonté commune de maintenir Londres dans Erasmus. Reste à savoir si Downing Street, qui s’oriente vers un Brexit "dur", acceptera de maintenir le principe de la libre circulation des personnes. Mais aussi si Bruxelles acceptera de faire une exception pour le Royaume-Uni.

  • le célibat est un choix

    Certains textes nous inspirent plus que d'autres. Thibaut Buccellato, passionné de cinéma, a été inspiré par celui de Beth Cormack publié le 28 juin 2015 sur Le HuffPost. À l'époque cette blogueuse américaine écrit une tribune sur le célibat intitulée: "À seulement 22 ans, je refuse de consacrer ma vie à quelqu'un d'autre". Dans ce texte, la jeune femme expliquait les raisons qui la poussaient à rester célibataire. "Je veux me sentir entière. Je veux être mon propre roc, ma propre ancre, ma propre âme sœur. Je veux me comprendre moi-même mieux que n'importe qui. Je ne veux pas regarder en arrière et me reprocher amèrement d'avoir altéré mon futur pour quelqu'un d'autre alors que je savais que je n'en étais pas prête", insistait elle. En découvrant ces lignes, Thibault Buccellato a eu "envie de mettre ce texte en images". Il est alors entré en contact avec l'auteure et lui a demandé d'en écrire un autre plus court mais gardant la même idée. Cette création lui servirait de voix off. Le mélange des images et des mots donne une dimension plus poétique à ce texte dans lequel certains se reconnaîtront peut-être.

  • Colloque économique d'Helsinki

    Il est assez incroyable qu'en 2016, certains croient encore aux vertus du protectionnisme. Et pourtant, tel est bien le cas. La semaine dernière, j'ai ainsi été dépêché à Helsinki en Finlande pour suivre un meeting économique. Et au cours de la soirée, une personne a déclaré, sans la moindre ironie, que le gouvernement se devait d'aider une fois encore les industries françaises contre la concurrence étrangère. Son propos était un enchaînement de poncifs et de raisonnements simplistes. Pour résumer : la concurrence internationale entraîne des faillites d’entreprises dans notre pays. Il est donc impératif que nous soutenions nos entreprises contre cette concurrence déloyale. Et le protectionnisme est à l'évidence le meilleur moyen de préserver notre économie. Evidemment, je ne souscris en aucune façon à ce point de vue. Le protectionnisme est à mon sens un véritable poison pour nos industries. Il faut réaliser ce qu'est fondamentalement le protectionnisme : une politique visant à évincer l'entrée de produits étrangers sur le marché français, pour la simple et bonne raison qu’ils n'ont pas été fabriqués en France. Peu importe que ces produits soient ou non meilleurs, peu importe la réalité du terrain et les contingences, seule compte une protection parfaitement artificielle et éminemment politique. Et ce décalage avec la réalité a des conséquences. L'expérience a montré que le protectionnisme est une épée de Damoclès. Sur le court terme, les producteurs nationaux paraissent s'en sortir bien mieux. Il faut dire qu'ils sont exemptés de la concurrence mondiale et ne doivent donc pas s'acclimater au marché. De fait, cependant, ils risquent fort de devenir paresseux : ils évolueront moins que leurs concurrents dans la même période, étant donné les protections dont ils bénéficient. Lorsque celles-ci seront abrogées, ce seront eux qui paieront le plus lourd tribut : ils seront tout à fait incapables de faire face. Ils auront pu se revivifier momentanément sous ce parapluie politique, mais seulement pour se prendre un retour de bâton d'autant plus violent ! Sinon, ce meeting en Finlande était programmé de main de maître, ce qui est plutôt rare. Si vous voulez voir à quoi tout ça ressemblait, voilà le site de l'agence qui a organisé ce superbe séminaire à Helsinki.

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